RIP, cela veut dire quoi intensif ?

Tu veux qu'on en parle?
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Bonjour, nous voyons pas mal de monde, qui hésite, qui se questionne, et c’est bien normal, même encourageant, parce que si on ne réfléchit pas un peu, il est facile de tomber dans les pièges des antispécistes en générale et dans celui de ce Référendum Imbécile de propagande.

Ce n’est pas pour rien que ce RIP, au lieu de proposer une loi concrète comme cela devrait être le cas, n’est qu’un fourre tout d’interdictions populistes sans aucun rapport les unes avec les autres. Chaque sujet mériterait un RIP complet, il y en a même un qui n’est pas sujet à discussion, mais nous y reviendrons dans un autre article.

Pour le moment, nous allons nous atteler à celui qui divise le plus les principaux acteurs de la ruralité : les chasseurs et les agriculteurs.

Nous passerons sur les agriculteurs anti-chasse puisque l’agriculture qui peut se passer de la chasse n’est en général pas celle qui nous fait rêver. Ce sont soit de petites structures peu productives plutôt axées sur le tourisme, soit des industrielles.


Passons donc direct sur les chasseurs qui pointent du doigt les agriculteurs en soutenant le point de ce RIP sur l’élevage intensif.

Déjà, quelle est votre définition d’intensif et, très important, quelle est leur définition d’intensif ?

Si nous nous basions sur la carte des élevages intensifs créée par Green Pisse, nous pourrions d’ores et déjà fermer 80% de nos élevages. Mais ce serait sans prendre en compte que Green Pisse a dû présenter ses excuses pour cette carte complètement erronées. En effet vous auriez pu y retrouver votre voisin qui fait 10000 poules pondeuses sur 4 bâtiments avec accès en extérieur la journée.

80 vaches laitières, avec rations matin et soir mais qui sortent dès qu’il fait beau : c’est de l’intensif. Intensif vient en opposition à extensif, rien de plus. Voilà où se trouve le piège dans cette proposition. Ils mélangent tout. Des bovins élevés à grande échelle, nous n’en connaissons qu’une : la ferme des 1000 vaches. Si aujourd’hui il n’y a que 500 vaches dans cette ferme, c’est grâce au combat des petits éleveurs, et il n’y avait aucun vegan au tribunal.

Soit dit en passant, 80 vaches laitières c’est la moyenne des élevages français et essayez donc de faire des traites matin et soir avec un élevage en extensif ça n’est pas impossible mais ce n’est pas le même sport. On confond ici intensif et industriel. Et de l’industriel chez nous il n’y en a pas tant que ça, nous connaissons plus de fermes-usines végétales qu’animales et ce sont pour le coup, de vraies catastrophes écologiques, économiques et sociales.

Pour passer notre cheptel de porc en pleine air, il faudrait sacrifier notre domaine forestier à hauteur de 10%, et multiplier les coûts de production par 5, pas super écologique. Nous ne parlerons même pas des kilomètres de clôture et des aménagement pour préserver les cours d’eau. Nous précisons juste que ce cheptel correspond à l’engraissement, sans même compter les reproducteurs. Ce qui nous fait l’horrible constat de 23 millions de porcs abattus par an, à peine un tiers de porc par habitant, mais quelle horreur, vite il faut tout interdire !!!

Pour les poules, les transformations de la filière sont déjà en cours. D’ici 2022 il sera interdit de broyer les poussins. Les conditions d’élevage devront être revues pour les industriels. Pour les fermes en « intensif », toujours cette même réflexion, ce ne sont pas vraiment elles qui posent problème. Au début du siècle dernier, la volaille valait 4 fois le prix du bœuf. C’est cet élevage intensif, donc hors sol, (mais ça ne veut pas dire que les poules ne sortent pas en journée) qui nous a permis de proposer les prix que nous connaissons aujourd’hui. Pour les poules, les réformes sont donc en cours. Mais il ne faut pas oublier que quand nous touchons au vivant, nous ne pouvons pas tout interdire du jour au lendemain. Il est nécessaire de laisser le temps aux différentes filières pour s’adapter.


Nous pourrions revenir de cette manière sur chacun des points de ce RIP. Devant l’analyse et la réflexion aucun de ces points n’est pertinent. Vous pouvez nous croire : aucun. Mais nous aurons le temps d’y revenir. Pour le moment nous espérons avoir pu vous éclairer au sujet de ce point précis, qui est l’axe central de ce RIP et qui sera le plus impactant sur l’ensemble de nos vies.

Nous mettons à votre disposition quelques liens complémentaires, qui seront certainement répondre à des questions que vous pourriez vous poser. Nous restons également à votre disposition si vous aviez d’autres interrogations.

L’élevage occupe-t-il les terres cultivables ? : https://www.federation-omnivores-responsables.ovh/lelevage-occupe-t-il-les-terres-cultivables/

Faut-il 15.000l d’eau pour faire un 1 kilo de bœuf ? : https://www.federation-omnivores-responsables.ovh/faut-il-15-000l-deau-pour-faire-un-1-kilo-de-boeuf/

Ges le grand mensonge : https://www.federation-omnivores-responsables.ovh/ges-le-grand-mensonge/

Viande et cancer : Que dit l’OMS ? : https://www.federation-omnivores-responsables.ovh/viande-et-cancer-que-dit-loms/

Supprimer l’élevage pour nourrir l’humanité… Un mythe : https://www.federation-omnivores-responsables.ovh/supprimer-lelevage-pour-nourrir-lhumanite-un-mythe/

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